Ma journee a commence de maniere fort similaire a celle de la veille: par un reveil au chant du coq. A la difference pres que cette fois, c'est un vrai coq qui m'a tire des bras de Morphee, un peu avant 6h du mat' ! Le poste-frontiere n'ouvrant qu'a 8h, je me suis permis un peu de rab', le coq Nokia veillant au grain.
J'ai donc entame ma journee par une escapade au Myanmar. On entend tellement de choses sur ce pays ferme a double tour, et donc necessairement plein de mysteres, que j'aprehendais un peu.
Le passage de la frontiere s'est passe sans encombres, ce qui est sans doute du au fait que je ne depassais pas la ville frontaliere. Sinon, il aurait fallu que je declare mon itineraire, que j'en fasse des copies, pour qu'elles soient tamponnees regulierement aux differents points de controle jonchant les routes. Mais point de tout ca, vu que je n'allais pas loin.
Sitot du cote birman, je fus litteralement pris d'assaut par les vendeurs du marche. A les ecouter, les visiteurs etrangers sont interesses par 3 choses:
- les clopes ;
- les contrefacons ;
- le Q : prostituees ("Myanmar lady, you ?"), viagra, et films pornos.
J'ai enfin fini par trouver ces fichues cartes postales, mais la poste etait fermee... j'ai donc laisse un peu de thunes a mon meilleur ami du Myanmar ( (c) Jean-Prout) pour qu'il les poste. On verra bien si ca arrive...
Avant de refermer cette parenthese birmane, 2 faits interessants:
- j'ai contribue de maniere cruciale a la destabilisation du regime en place en offrant a mon meilleur ami du Myanmar ( (c) Jean-Prout) un exemplaire de 1984, de George Orwell. Je sais, chui un ouf', j'ai pu faire rentrer ca dans le coffre-fort birman. Dans mes moments de transe metaphorique les plus intenses, j'ose esperer que ce petit prout lache au coeur de la montagne fasse de l'echo et - pourquoi pas ? - une avalanche fatale a la tristement celebre junte en place. J'ai quand meme mis en garde mon pote qui m'a dit, l'air pas inquiet: "de toute facon, ils savent pas lire !"
- au Myanmar, il est 1/2 h de moins qu'en Thailande. Un fait assez cocasse, surtout quand on passe la frontiere en marchant plein Nord ! On savait que la junte vivait dans sa propre interpretation de la realite exterieure et sa propre interpretation de l'Histoire, on sait desormais qu'ils vivent dans leur propre espace-temps.
Apres avoir repasse la douane, pas peu fier de mon tampon Myanmar sur mon passeport, j'ai pris un sawngthaew (pick-up reconverti en mini-bus) pour Sop Ruak, le "Triangle d'Or". Je vous ai dit hier que cette appellation etait abusive, voila pourquoi: en fait, le Triangle d'Or designe toute une region, s'etendant sur les 3 pays, et pas seulement un village en Thailande. Seulement, ce village-la se situe pile-poil a la jonction des 3 frontieres. Du coup, pour attirer le chaland, il a mise sur cette marque. Et ca marche ! Cela dit, tant mieux : il est preferable de vivre du tourisme que du commerce de l'opium, n'en deplaise aux bien-pensants du guide du Routard. Mais ce n'est que mon avis, meme si je le partage sans reserve.
Ensuite, j'ai affrete un bateau pour rejoindre ma prochaine destination, Chiang Saen, egalement sur les bords du Mekong. Au passage, petit crochet par l'ile de Dao Son, au Laos. Je n'avais pas de visa (hors budget), mais il y a une tolerance pour cette ile. J'ai donc envoye une autre paire de cartes postales, pour mon 3e pays de la matinee !
D'ailleurs, il est marrant de noter que la carte postale coute 5B, tandis que le seul timbre coute 45B ! Rien de grave, ca ne fait jamais qu' 1 Euro, mais j'ai trouve ca singulier...
Arrive a Chiang Saen, j'ai dejeune, fait un tour en ville, et j'ai repris un bus - bien folklo - pour Chiang Rai. Encore des controles de police sur la route, decidement, on sent la mystique du Triangle d'Or ! Definitivement, il ne s'agit pas des sandwiches autoroutes, meme si je vais dorenavant les appeler comme ca.
Cela dit, on peut reconnaitre un merite a la police thaie, outre leurs uniformes ajustes pres du corps, c'est qu'ils semblent prendre la lutte contre le trafic d'opium tres au serieux. Lors de mes differents trajets en bus, nous avons subi 6 controles, dont un trs pousse, avec interrogatoire de 3 personnes, fouille des sacs de riz, et tout le toutim. Bon, en fait, rien de plus, mais j'avais envie de dire "toutim", c'est pas souvent qu'on peut la placer a bon (Michael) escient.
La suite de ma journee fut pauvre en evenements, puisque j'ai ensuite rallie Chiang Mai, toujours en bus (sans panne, cette fois). J'ai quand meme trouve un maillot de bain, ce qui est toujours un souci de moins.
Petite guest-house pour la nuit, avant de me remettre en route a l'aube, direction Sukothai. Un petit mot sur ma chambre, car j'en ai eu pour mon pognon. Si je vous dis que j'ai paye 3 Euro pour la nuit, ca vous donne une idee de la turne ! Mais bon, pour un pit-stop, c'est assez.
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