Salut a tous et toutes,
Après un long silence, revoilà la livraison de mes pensées, en même temps que quelques nouvelles, à moins que ce soit l’inverse, je vous laisse en juger… Comme d’habitude, ce message est très long, alors mettez vos casques, parce que je vous ai balancé un de ces pavés dont j’ai le secret !
Le temps passe, vite comme toujours, mais cela ne veut pas dire que je vous oublie, bien au contraire… Cela dit, à en juger par le volume de courrier que je reçois, il semble que ce même temps fasse son office, et que mon verbiage sans queue ni tête vous manque de moins en moins.
Alors que se passe-t-il dans ma vie ? C’est la question qui brule de moins en moins vos lèvres pour la plupart trentenaires, et je m’empresse – à une vitesse de pointe LilanThuramesque – d’y répondre !
La réponse tient en un mot, mais ce n’est pas le même, que l’on parle de ce qui se passe entre mes deux oreilles, ou de mon quotidien. En deux mots, donc : beaucoup, et pas grand-chose…
Beaucoup dans ma tête, ou c’est un peu la tempête dans un bocal, mais peu dans les faits. Les résolutions sont toujours d’actualité, mais, plan éco oblige, elles sont un peu mises de coté devant la grande interrogation qui me taraude : What’s next ? Alors que dans les faits, la situation est plutôt stable, à l’instar d’une mer d’huile qui ne serait troublée par aucune brise, fut-elle le fruit d’un battement d’aile de papillon dans le brouillard de pollution recouvrant Pékin.
Concrètement, je suis toujours prof d’anglais, avec un nombre d’heures stable, une performance stable, et un rythme stable. Bref, vous l’aurez deviné, ma situation est stable ! J’enchaine les cours et les élèves, ce qui m’a permis de faire une étude extrêmement poussée sur l’emploi des prénoms dans la génération Y vietnamienne, et c’est d’ailleurs le sujet de ma minute culturelle, qui n’intéresse personne à part moi, mais vu que je n’ai pas grand-chose à raconter, je vais quand même vous la faire !
Il faut savoir que les vietnamiens ont pour habitude de donner des noms communs en guise de prénoms à leurs chères têtes brunes, et je me suis dit qu’il serait intéressant d’y consacrer quelques lignes… Ca montre beaucoup de choses sur les valeurs chères à ce peuple singulier, quoique jamais à court d’une astuce pour attirer la bonne fortune sur leur foyer.
Après beaucoup de cours, et beaucoup d’élèves, voici les top 3 des prénoms les plus en vogue, avec leurs traductions, et un modeste commentaire :
Pour les hommes :
- Loc : jeune bourgeon. C’est toutes les promesses de régénération de la famille qui repose sur les épaules du pauvre enfant nomme Loc. En même temps, les parents sont friands de noms associés à la végétation. Certains y voient un rapport privilégié et quasi-mystique avec Mère Nature, d’autres esprits chafouins y voient le manque d’imagination d’un peuple de paysans sous-éduqués. Comme toujours, la vérité se situe quelque part entre les deux… ou ailleurs, c’est pas exclu.
- Tien : Argent, Thunes, Pognon. C’est important d’avoir un fils qui s’appelle comme ca, car ca lui permettra de devenir riche, et de s’occuper de ses parents par la suite… D’autre part, l’argent est LA valeur qui réunit tous les vietnamiens. C’est synonyme de pouvoir, de beauté physique et intérieure, et d’accomplissement. Tous ceux qui pensent que les asiatiques sont des spirituels en quête de transcendance n’y sont pas resté assez longtemps. La seule transcendance recherchée étant celle du statut social, la « face », qui est primordiale pour eux.
- Tuan : Semaine. Franchement, difficile de comprendre le but recherche. Peut-être était-ce l’espérance de vie de l’enfant ? Si les Viets de cette mailing-list ont des explications, je suis à l’écoute.
Pour les filles :
- Nhi : Nourrisson. Certainement un manque d’inspiration de la part des parents, qui n’ont fait que décrire ce qu’ils voyaient, sans penser que ce nourrisson cesserait de l’être au bout d’un an ou deux. Il faut dire qu’un tel niveau de planification est impensable ici… ils ne savent déjà pas ce qu’ils vont faire le lendemain, alors 2 ans ! L’autre hypothèse est celle de la rigidité des fonctionnaires de l’état-civil vietnamien qui, entendant des cris dans la maternité, venaient au chevet dudit nourrisson pour lui procurer sa carte de membre du Parti – et ne demandez pas lequel, il n’y en a qu’un. Le tout, en restant sourd aux protestations des parents (« Mais laissez-la tranquille ! Ce n’est qu’un nourrisson ! » - « Nous disons donc : Nhi. N-H-I. Très bien, camarade Nhi, bienvenue chez toi ! »). Faire un recours administratif étant l’équivalent de la recherche de la sortie du labyrinthe du Minotaure, des millions de vietnamiennes se sont retrouvées à s’appeler comme ca, pour la vie.
- Ngan : Richesse, argent. Une fois de plus, on découvre les priorités du peuple vietnamien, et son sens de la superstition : on nomme un de ses enfants « thune », en espérant qu’il ou elle en rapporte un maximum. Et tant pis, si c’est en répétant a l’envi « meloveyoulongtimedarling »
- Thao : herbe (pas la ganja, hein !). C’est le pendant féminin de Loc, avec une fois de plus un symbolisme végétal. A noter que ce gazon est souvent maudit, si l’on en croit la proportion de courtisanes prénommées ainsi.
Après cette plongée en apnée dans la psyché vietnamienne, il est temps de revenir à une chose beaucoup plus importante : MOI. Ou plus précisément, que se passe-t-il dans mon cerveau à moi ?
Je vous l’ai dit plus haut, ma situation est extrêmement stable. Et, à l’instar d’un dirigeant PSGien, la stabilité, je supporte pas. Le climat est donc propice à un coup de pied dans la fourmilière, une tabula rasa, un nettoyage de printemps, en bref, un changement radical s’impose.
C’est pour cela que j’ai enfin décidé de mettre un terme à mon expatriation au pays du motorbike assourdissant. Les 12 hommes (pas) en colère du jury ont atteint un verdict unanime, pour une décision sans appel : je me rentre. Ca peut paraitre soudain, mais la vérité, c’est que l’idée me titille depuis près d’un an, comme ont pu en juger ceux que j’ai vu l’hiver dernier. Je voulais donner une dernière chance au Vietnam, mais je n’en peux plus, et la chance est passée.
Le pays part pas mal en cahouètes (ou plutôt en noix de cajou, spécialité locale), avec une inflation à 30%, le dollar et la bourse qui se cassent la gueule, des embouteillages chaque jour un peu plus insupportables, des infrastructures pourries et toujours un climat général de défiance envers les étrangers, entre petites arnaques quotidiennes sans conséquence et des droits limités (propriété, investissements, etc.). Donc quitte à vivre en semi-galère, je préfère encore que cela se passe dans le doux pays de mon enfance plutôt que dans la pollution à l’autre bout du monde, qu’elle soit olfactive, sonore, mentale, ou pulmonaire.
En outre, je me suis laissé vivre suffisamment longtemps comme ca. Il est plus que temps de renouer le fil d’une carrière interrompu un peu trop brusquement. Enfin, si on vous demande, je suis resté 3 ans chez Apex, et non pas deux ! J Je rentre au bercail vers la fin aout, après 3 semaines de vacances amplement méritées, dont une partie en Thaïlande grâce à mon billet gratuit Luftwaffe (vive les miles !). C’est donc le cœur léger que j’entame la dernière ligne droite d’un séjour qui ne fut pas de tout repos, malgré d’indéniables avantages, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain non plus ! Dirigeant PSGien, oui, mais faut pas non plus pousser Mémé Jacquet dans les orties !
Le petit point promis sur les résolutions, à mi-parcours :
Ø Perdre les 10 kilos que j’ai ramenés de France ; ca, c’est fait !
Ø Passer un cap dans l’écriture, pour essayer que ma plume mette du beurre dans mes épinards et/ou de produire quelque chose d’un peu plus concret que ces emails sans foie ni tête ; sauf si on compte du travail de traduction, c’est pas gagné ! Mais après tout, traduction ou pas, ma plume m’a permis de mettre du beurre dans les épinards, donc c’est rempli !
Ø En finir avec le célibat mode « one night stand » ; fini, et bien fini. Le fait de pas sortir, ca doit aider un peu à faire moins de conneries…
Ø Ranger ma chambre ; c’est fait en permanence, comme quoi il y a des choses qui changent…
Ø Voyager un peu plus en Asie du Sud-est. L’objectif est de voir le Cambodge, le Laos, et le Nord du Vietnam. Un petit tour supplémentaire en Thaïlande, ça serait pas dégueu non plus, du reste.Bon, le Cambodge, c’est râpé, mais j’ai mon billet pour la Thaïlande, donc c’est rempli, et c’est tout ! Je prévois aussi un petit tour dans le Nord, après la Thaïlande.
Ø Assister au mariage de Jim et No, et pour ceux ou celles qui vont se marier cette année, c’est le moment de me le dire !Je rentre fin aout, donc j’y serais. J’ai bien hâte, du reste !
Ø Revoir ma Normandie ; j’ai pas encore la date exacte du retour, mais le billet est en train d’être réservé (n’est-ce pas, maman ? J)
Ø Jouer à la Wii à la maison (appel aux colocs !) ; dommage, il va falloir que je m’en achète une, sitôt la résolution ci-dessous accomplie.
Ø Retrouver un job stable dans mon secteur d’activité, ou, comme dirait ma grand’mère : « avoir une situation » ; c’est le gros morceau, et j’espère pouvoir rayer cette ligne d’ici au prochain point.
Ø Faire une putain d’énoooooorme teuf pour mes 30 ans, tous vous voir à cette occasion, voir la fin de la soirée, et surtout m’en souvenir (appel aux photographes !) ; ca, par contre, je pense que ca va pas être possible. J’ai vraiment l’impression d’être maudit, dès que je me mets en tête d’organiser une teuf, surtout que le moment est quand même bien passé. A la place, ca sera plein de petites teufs avec tous ceux disponibles. Pas mal non plus, comme programme !
Ø Mettre des ronds – pas de serviette – de côté. ; pas encore, mais le Graal n’est pas loin.
Ø Rejouer au foot, au tennis, et pourquoi pas snowboarder en décembre, inch’Allah, ce qui implique d’être en bonne santé toute l’année. Ah oui, et il faut que je me fasse opérer d’un kyste dans le dos, mais ca n’urge pas ; ca devrait être pour bientôt, car je vais retrouver une couverture sociale, ce qui me permettra – enfin – d’achever ma rééducation et de m’occuper de ce kyste. Peut-être pas avant le prochain point trimestriel, mais avant la fin de l’année !
Ø Prendre des cours de méditation transcendantale, pour ouvrir mes chakras et ainsi attirer la bonne fortune. On verra dans le dernier trimestre !
Bilan : 7 / 13. Pas mal, toujours dans les temps pour un grand chelem, ce qui serait inouï, pour quiconque connait mon opiniâtreté et ma constance dans l’effort. Pour le prochain point, j’espère bien avoir 3 points de plus dans la besace. Mais n’anticipons pas, prenons les matches les uns après les autres, et si ca veut rigoler…
Sur ce, je vous laisse, et je vous donne rendez-vous depuis la Thaïlande, si possible au bord d’une plage et sans coups de soleil, pour ce qui sera le dernier épisode asiatique de cette saga dramatico-comico-tragico-absurde qui me tient lieu de vie. Gageons – et surtout prions pour – que le prochain chapitre soit à la hauteur des précédents !