01 octobre 2005

La case de l'oncle Ho

Salut a tous et a toutes,

Je me rends compte que mon dernier message commence a dater, et apres avoir appris par le journal de TV5 que le Vietnam etait frappe par d’impitoyables cyclones, je me sens oblige de rassurer mes nombreux fans ! Non, je ne suis pas mort dans un glissement de terrain, ou frappe par la foudre, ou que sais-je. Il y a juste beaucoup d’eau, et c’est un peu chiant, quand, comme moi, on circule en mob’.

Enfin bref, rien de grave au pays du motobike petaradant, la vie suit son cours. J’ai tout de meme eu l’immense plaisir d’accueillir le Dentiste (rien que ca) et Madame dans notre modeste demeure, et ca m’a bien fait plaisir de voir un pote, un vrai. Desole, Marie-Laure, je ne t’oublie pas, mais tu me pardonneras cette dedicace partielle, j’en suis sur. Non pas que je sois tout seul ici, mais, comment dire ? On n’a pas vraiment le choix de ses potes, vu qu’il n’y a pas non plus des milliers de gars de mon age a HCM. Il y a plein de gens sympas, bien sur, mais ca ne remplace pas le gars ou la nana qui vous connait depuis des lustres. Enfin, tout ca pour dire que ce sourire Ultra Brite m’avait manque, et que ca fait plaisir de voir un visage familier, son nez fut-il crochu. D’ailleurs, j’espere bien qu’il inspirera certains d’entre vous, car c’est un voyage qui vaut le coup, quand meme.

Rien de special a raconter sur ce sejour: l’habituelle litanie de sorties tardives, de consommation excessive d’alcool, et de farniente au bord de la piscine. Le tout-venant, en somme… J’imagine que ca ne se raconte pas, et qu’il fallait y etre. Je suis sur qu’il me rejoindra pour dire que c’est assez difficile de parler du Vietnam. C’est une succession de petits details qui font que tout est a des annees-lumieres de ce qu’on connait, que ce soit le mode de pensee, les habitudes, tout ca, quoi !

En effet, le Vietnamien est un animal tres curieux: melange de fierte et d’hypocrisie asiatique, avec une grosse pincee de feignantise et de bureaucratie bien de chez nous, il est difficile a apprehender pour le non-initie (pour l’initie aussi, du reste). La facon qu’a le Viet de repondre “oui” a toutes les questions qu’on lui pose, pour ne pas nous decevoir, est, par exemple, assez enervante. Le probleme est l’eternel sourire que le Viet vous opposera, tellement desarmant, et… frustrant, quand on est vraiment enerves ! En effet, comment s’enerver devant un tel sourire, livre le plus souvent avec un regard de chien battu pour faire bonne mesure ? Je vous assure que moi, pourtant repute pour mon calme olympien (lyonnais, pas l’autre), je somatise pas mal, parfois (souvent). C’est donc vrai que l’enfer est pave de bonnes intentions. Il faut dire qu’il y a de quoi rendre fou les moines zens des lamasseries les plus reculees du Tibet, je vous assure. Mais treve de denigrement, car si vous etes attentifs, vous aurez compris que le Vietnamien est avant tout tres serviable, ingenieux, et de bonne humeur, malgre la misere qui ne manque jamais d’eclabousser nos souliers bien vernis d’expatries.

Les exemples sont nombreux et malheureusement, nous rappelle souvent les tragedies que le pays a connu: mendiants difformes (courtesy of Agent Orange, sponsor officiel de la Ligue 1), orphelins vendeurs de chewing-gum, prostitution et corruption sont monnaie commune et a peu pres partout autour de nous. En clair: ce n’est ni tout noir, ni tout rose… c’est tout sale. En fait, c’est tout jaune (desole) !

Je vais quand meme finir par vous donner de mes nouvelles, puisque c’est un peu le but, quand meme: je vais tres bien, pas d’accidents de moto a deplorer (meme si un de mes potes s’en est pris une superbe sous mes yeux il n’y a pas deux jours), toujours vaillant sur le football, et un peu plus sur les sorties, maintenant que mon corps est adapte aux exigences tropicales. Niveau boulot, j’ai fini ma periode d’essai, et c’est toujours aussi interessant. Ca me laisse pas beaucoup de temps pour le reste, mais quand j’aurais tout mis en place, je pourrais me la couler douce. En attendant, j’ai un peu moins la tete dans le guidon, et commence a prendre un peu de hauteur. D’ailleurs, je vais avoir un mois d’Octobre assez interessant, avec au programme: Hong Kong, Guangzhou, et Shanghai, pour divers salons textiles. J’imagine que ca sera le sujet de mon prochain mail. D’ailleurs, je songe a racheter un appareil photo fin octobre, histoire de faire partager autre chose que des mots pour les incultes marathoniens comme Jean-Prout (ca faisait longtemps), ou les incultes ventripotents comme Mano.

Pas de longs PS cette fois-ci, car le temps presse. Juste un petit mot pour feliciter ma cousine Laureen pour son dernier-ne, Tom. Attention quand meme: 3,7 kgs, il marche sur les traces (profondes) d’un de mes potes dont le prenom commence par “Gas” et finit par “Pard”. Je plaisante, bien sur, sauf pour la partie ou je traite Gaspard de gros, cela va sans dire.

Une deuxieme dedicace pour Audrey Ginon, pour te dire que tu disposes du meme delai que tous les autres pour repondre, non mais ! Sans deconner, deja que je manque les 100.000 km de ta voiture apres avoir deja manque celles d’Auré, alors faut pas abuser non plus. Grosses bises, ma caille, et si tu as la flemme d’ecrire un mail a ton plumitif favori, tu n’as qu’a en faire une activite de groupe: pose-toi avec ton mari devant ton ecran, pense a plein de conneries a me dire pour me faire rigoler, et appuye sur “Send”> Et voila, le tour sera joue !

Last but not least (© Julio), une grosse pensee pour mon nain prefere, en exil au Cap, et muet comme une carpe habituellement. En meme temps, vu le nombre de pretendus “amis” qui ont oublie son anniversaire, je le comprends… J’imagine deja tout le monde se disant : “merde ! c’etait quand, deja ?” Trop tard, les gars ! Bon, dans mon immense bonte, je vous lache une petite info: vous pouvez le feliciter pour son nouveau boulot, ca sera deja pas mal. Comme tu peux le voir, vieux moukir, rien de bien passionnant a raconter, meme si c’est passionnant a vivre. Je pense que tu connais le probleme… en tout cas, je booke mon Jour de l’An 2007, et je garde mon projet de voyage dans un carton pour l’instant.