08 décembre 2005

Le chant du depart

Salut a toutes,

Vous n’aurez pas manque de remarquer que toutes les recipiendaires de mes modestes contributions ne sont pas exclusivement du beau sexe, ni de vous demander quelle mouche m’a bien pique (ou quel poulet j’ai mange) pour vous traiter, toutes, de representantes du sexe oppose (au mien), quand bien meme vous n’avez rien fait pour meriter cela. La raison est extremement simple, du genre de simplicite qui ferait exploser l’oeuf de Colomb : il n’y en a pas. Si. C’est vrai. Mais je vais quand meme en trouver une, juste pour l’exercice intellectuel, et par gout prononce du sophisme.

En fait, on a coutume d’apprendre dans nos ecoles, que, outre nos ancetres les gaulois, le masculin l’emporte toujours sur le feminin. Et pourquoi donc ? Hein ? Je vous le demande ! C’est aussi logique qu’une defaite de l’OL contre Clermont Foot, ou que de mettre des glacons dans le vin. Vous l’aurez compris: ca n’a pas de sens. Donc j’ai humblement pense que pour une fois – mais juste une fois alors – dans une sorte de happening litteraire, le feminin l’emporterait sur le masculin. C’est ose, je le concede, mais aisement justifiable. Apres tout, n’y a-t-il pas plus de femelles que de males ? Avant de me vouer aux gemonies et de pousser des cris d’orfraies devant l’emploi tres politiquement incorrect mais scientifiquement correct du terme “femelle”, j’avance pour ma defense que c’est le seul mot regroupant des categories aussi differentes et specifiques que les femmes actives, les adolescentes, les catherinettes, les matrones, plus Britney Spears, completement inclassable. Donc je l’emploie, car ce qui se concoit bien s’enonce clairement, et malgre les apparences, je sais parfaitement ou je vais. Et toc.

Ceci etant dit, il me semble que je voulais vous donner des nouvelles, mais je ne sais pas vraiment par ou commencer. Donc, tel un norvegien simulant une blessure pour tenter vainement de repousser l’echeance d’une inevitable defaite contre l’ogre lyonnais, je me roule par terre en tentant de botter en touche. Que s’est-il passe dans ma vie depuis la derniere fois ? Vous aviez certainement senti une pointe d’ennui, voire de melancolie, affecter ma derniere bafouille, et vous aviez tort. Cela dit, il est vrai que je suis maintenant tombe dans une certaine routine, mais point d’ennui a l’horizon, quand on a l’heur d’evoluer dans le pays du motobike petaradant ! Ca serait meme plutot tout le contraire…Pour faire court, et sans tomber dans le plan en deux parties – deux sous-parties, beaucoup d’evenements sont venus troubler le bel ordonnancement de ma vie en bord de riziere:
- dans un premier temps, je me suis fait detrousser comme dans un bois frequente par Jean-Cyril Robin ! “Detrousser” est un peu fort, dans la mesure ou j’ai en fait oublie mon sac dans un taxi. Je m’en suis rendu compte au bout de 5 minutes, mais il etait deja trop tard. Mon sac, mon portefeuille, ma paire de lunettes avaient deja toutes disparu dans un obscur marche du quartier chinois ou plus surement un debit de boissons crasseux et mal frequente du Quartier Tanh Binh. Apres avoir remue ciel, terre, et le standard de la compagnie de taxis, j’ai tout de meme eu droit a une bonne surprise le lendemain, digne des bons films policiers estampilles “Hollywood Night” : une moto est passee dans ma rue et a balance, dans un petit sac plastique, mon passeport et mon portefeuille dans la cour de la maison ! Ne manquait plus que la brique et la menace de mort en italien, ainsi que les $400 qui garnissait l’objet… Au final, le bilan est tout de meme lourd, puisque je deplore la perte de $400 donc, mais aussi de mon permis de conduire, de mes lunettes de vue, de mes lunettes de soleil, de mon appareil photo numerique, et… du bouquin que j’avais presque fini et dont je ne connaitrai jamais la fin ! Fais chier, quand meme… Bon, au moins ai-je recupere l’essentiel: le passeport, les papiers, et ma CB (mais j’ai quand meme du faire opposition par precaution, alors l’ai-je vraiment recuperee ?), donc ce n’est pas si grave que ca. En plus, c’est fini, maintenant, donc voila.

- Ensuite, j’ai eu l’immense honneur de porter le maillot frappe du coq et de l’etoile, et de representer mon pays lors d’un tournoi de sixte “Coupe du Monde”. Le reve de toute une vie qui se realise, et nous avons donc affronte, lors de matches virils mais corrects, tout un tas d’autres nations. Dans l’ordre: Vietnam, Espagne, Vietnam, Vietnam, Scandinavie, Vietnam. Le nom du vainqueur de cette Coupe du Monde devrait vous laisser pantois, car il s’agit du… Vietnam ! Bravo a eux, c’est vraiment les plus forts. Je vous laisse imaginer le tableau, avec d’un cote des trentenaires expats, debonnaires et ventripotents, et de l’autre, des vietnamiens pleins de vigueur et d’hormones, surmotives et surentraines. Le tout sous une pluie diluvienne, et le mot n’est pas trop fort, pour une fois. Que du classique, quoi ! On s’en est tout de meme plutot bien sorti, car on a fini a la 3e place, ce qui m’a valu de remporter ma premiere medaille depuis la victoire en finale de Super-Region UGSEL 1992 ! Ca faisait longtemps, quand meme... Du coup, je la porte tous les jours sous ma chemise. Une petite ombre au tableau, car je me suis fait un peu mal, et le president de mon club (Olympique Saigon) a decide d’attaquer les organisateurs du tournoi pour compenser le prejudice financier concommitant a la perte de son joueur le plus beau. C’est vrai quoi ! Il faut bien vendre des maillots ! Toute ressemblance avec un autre Olympique est purement fortuite.

- On vit les pieds dans l’eau dans mon quartier (An Phu), et c’est super : 1 metre ou plus de flotte rance, en provenance directe des egouts, avec poissons, poubelles flottantes et boue, histoire d’agrementer le tout vu que ce n’etait pas assez comme ca. On vit un peu a la Bretonne, en fait: selon l’horaire des marees, qui dictent nos deplacements. On ne peut pas sortir ou rentrer dans la maison quand on veut, on doit donc planifier nos repas en fonction. De la meme facon, j’ai deplore 5 casses moteur de mon motobike, que j’ai fini par rendre au loueur, las de tant d’efforts vains. Que du bonheur, je vous dis ! Si j’avais un appareil photo, je vous en enverrais bien, mais las ! je n’en ai plus (cf. aventure #1). Donc un demenagement en perspective, ce qui doit ravir ma chere mere, apres les deux qu’elle vient de se taper en France… Au moins, ca fera de la matiere pour le prochain billet de votre serviteur. (oui, c’est officiel: j’ai pete un plomb, d’ou la reference a moi-meme a la 3e personne. On est quintuple champion de France ou on ne l’est pas)

Donc voila. Fidele a mon habitude, j’en ai fait des tonnes et des tartines. J’ai ete tente de rajouter quelques brouettes pour faire bonne mesure, mais il faut savoir rester sobre et concis. Celles qui trouvent ca trop long n’ont qu’a faire une pause a mi-email, aller faire pipi, et reprendre leur lecture ensuite. Je sais, vous etes ultra occupees et lire un mail prend tellement de temps, compare a une pause clope-cafe ! A moins que vous ne preferiez lire aux toilettes, auquel cas j’espere que vous avez un portable, car prendre le desktop aux chiottes, c’est pas genial quand meme. Autant y emmener un arbitre, il y sera plus a sa place.

J’espere avoir de vos nouvelles d’ici peu, quand bien meme elles ne seraient pas aussi detaillees, ou riches en anecdotes aussi croustillantes que savoureuses. Parfois, juste un petit coucou, ca marche aussi. Meme si je prefere les news du genre Tolstoi plutot qu’AFP, mais tout le monde ne peut pas avoir autant de poisse, ca serait plus drole, sinon. Si vous n’aimez pas ecrire autant que moi, vous n’aurez qu’a me heler lors de mon passage dans la capitale de nos ancetres (les gaulois. Ca y est, la boucle est bouclee!).

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